5000 ans d’hygiène

5000 ans d’hygiène publique

Préface

Si le niveau d’hygiène aujourd’hui atteint, nous parait naturel, il est en réalité le résultat d’une très longue histoire, faite d’avancées et de reculs successifs, histoire qui s’est considérablement accélérée au cours des cinquante dernières années.

Introduction

L’eau joue un rôle dans la sédentarisation des populations. C’est pourquoi les villes vont naître dans ces régions, le long des fleuves.

L’eau est un auxiliaire précieux pour le développement de l’agriculture; sans oublier les besoins naturels qui sont nécessaires à la vie de l’homme et de l’animal et à maintenir leur fixité.

Durant le millénaire qui suit le début de l’ère chrétienne, il ne va pas se passer grand chose en Europe, sur le plan de l’hygiène publique et cela même jusqu’au XIXe siècle. A Paris, il faut attendre le règne de Philippe Auguste pour commencer à paver les rues.

La propreté des rues laissait à désirer dans la capitale ainsi que dans toutes les grandes villes européennes. Tout cela favorisa l’éclosion d’épidémies ravageuses.

Les rues sont toujours encombrées d’ordures ou les chiens et les cochons viennent trouver leur nourriture.

Des opérations de nettoyages ponctuelles de grande envergure furent menées avec succès, tel le ramassage des ordures, mais elles restèrent sans lendemain et les mauvaises habitudes reprennent le dessus.

L’eau va manquer en quantité et en qualité, jusqu’au 19e siècle. Les villageois tiraient la majeure partie de l’eau dans les fleuves et rivières.

Au fur et à mesure du développement des manufactures, des fabriques de l’exploitation des mines, et la mise en chantier des grands travaux (canaux, routes, chemins de fer…), les contingents de travailleurs de la terre vont converger vers ces nouveaux centres d’activité, avec l’illusion de trouver des conditions de vie moins rudes. Cependant, aucune structure d’accueil n’est prévue. Alors cette population va s’entasser dans les caves, greniers, bref dans des taudis où parents et enfants vont vivre dans ces galetas sans mobiliers, sans air, ni lumière, sans chauffage, et la maladie frappera et emportera les plus fragiles.

Suite à quoi, les utopistes proposent des solutions, puisque la classe dirigeante n’a pas de projet. De la Godin réalise son familistère. Pendant ce temps, un fort courant d’hygiènistes se développe et met en avant des principes. Les urbanistes vont s’en inspirer et en dégager des conclusions. Quand à Napoléon, il y voit un moyen de réduire le chômage.

A Paris, ce n’est qu’en 1855, grâce aux travaux gigantesques entrepris par Hausmann que les choses vont vraiment changer avec l’approvisionnement correct en eau.

C’est aussi, à partir de 1850, que les autorités municipales prennent conscience des problèmes de l’hygiène publique  (eau, son rejet, les ordures ménagères, industrielles, alimentaires, les fosses septiques) suite aux découvertes de Pasteur, sur les fermentations et les micro-organismes.

Dès 1920, dans les villes moyennes, des véhicules spécialisés vont se développer et remplacer le cheval. Des pression s’exercent par le biais du Conseil Supérieur de l’Hygiène, pour doter les quartier insalubres, d’un réseau d’eau potable, doublé d’un tout à l’égout.

L’hygiène et ses influences

l’hygiène générale est largement influencé par les conditions dans lesquelles sont assurés l’approvisionnement en eau, la qualité de l’air, la malpropreté des rues par l’enlèvement des déchets de la vie urbaine.

Parmi les grands thèmes sur l’hygiène publique et la salubrité quotidienne, nous citerons:

–         la propreté des villes

–         l’éclairage

–         la vente de comestibles

–         la falsification et la sophistication des aliments et boissons

–         la construction des rues, habitations, égouts, canaux d’adduction d’eau.

–         Les institutions et établissements publics divers

–         les prisons, les abattoirs, les halles et marché, les lavoirs.

–         Les hôpitaux, les cimetières.

–         La prostitution.

–         Les mesures concernant les épidémies.

–         La vaccination.

Le choléra

On continuai à s’amuser dans les beaux quartiers de la capitale, à fréquenter l’opéra, pendant que l’on mourait dans les quartiers pauvres ou l’entassement des ouvriers et des familles dans des taudis leur imposait une promiscuité favorable à la contagion.

Les classes pauvres, ne tardèrent pas à s’émouvoir de cette inégalité devant la mort. Elles voulaient un responsable, en premier lieu, le pouvoir politique.

Le peuple était frustré de sa révolution de juillet 1830. le pouvoir usurpateur voulait le punir de ses opinions républicaines.

L’industrialisation

forces froides et forces chaudes

Fin du XVIIIe siècle et début du XIXe siècle, nous allons assister à un bouleversement énorme dans la façon de travailler, grâce à la maitrise d’une nouvelle énergie: la vapeur. Ces forces sont appelées à se substituer aux forces froides que produisent: l’eau – le vent – les animaux de trait – l’homme.

Les fabriques étaient situées sur le bord d’une rivière, pour profiter du courant qui par l’intermédiaire d’une roue à aubes, va fournir l’énergie nécessaire au fonctionnement des machines.

Les moulins à vent produisent une énergie non négligeable jusqu’à la fin du XVIIIe siècle.

A partir du XVIIIe siècle, on entre dans le monde des forces chaudes, avec des chaudières qui vont produire de la vapeur. De là, la porte est ouverte à la grande révolution du travail qui va se concentré autour des sources d’énergie, d’où la création de manufactures.

C’est une production de puissance bruyante et polluante.

Parallèlement, la mécanique va faire un grand bon en avant.

L’industrialisation et ses conséquences

Depuis le 1er Empire, l’industrie est en plein développement et ne s’arrêtera plus. Les manufactures vont trouver leur main d’œuvre dans les réservoirs que forment nos campagnes. Des familles entières en grand nombre vont quitter leur terre espérant trouver des moyens d’existence plus facile. Celles-ci vont renforcer les bataillons d’hommes, de femmes et d’enfants qui travaillent de nombreuses heures journellement. Mais leur espérances vont vite s’effondrer car, autour de ces lieux de travail, le manque de structure d’accueil, et souvent la volonté de ne pas en créer, vont entrainer durant une grande partie de ce siècle une immense misère des masses laborieuses. Le peuple vit dans ces taudis sans mobilier, dans lesquels ni l’air, ni la lumière ne pénètrent et de plus, dans l’absence de la plus élémentaire hygiène. On loge partout, de la cave au grenier, et tout est loué à prix d’or.

La France compte 33 millions d’habitants répartis en 2 catégories:

ceux qui payent des impôts et par conséquent, votent et gouvernent.

Et les autres qui travaillent et vivent dans des conditions déplorables, constituant une poudrière.

Le malaise nait d’un grand déséquilibre dû à la grande prospérité de l’entreprise, mais incapable de s’adapter socialement et la répression sans merci en cas d’insurrection.

1848 fut l’année ou les convulsions se succèdent à un rythme effréné provoquant incertitudes et souffrances.

La France est en proie à une crise sociale et politique sans précédent. De là, sont nés les ateliers nationaux et dérivés.

Deux courants se dessinent:

– le socialisme utopique propose la remise des moyens de production aux mains de l’Etat et fait du travail leur base légitime de propriété. C’est le concept que développe Saint Simon, Fourrier, Prud’homme…

– le communisme proposé par Karl Marx et Engels qui proclament: il appartient aux classes opprimées de se révolter par la violence, au moment le plus opportun.

Conclusion

Plus que tout autre civilisation, celle de la vallée de l’Indus nous laisse stupéfaits de voir le degré  de connaissances techniques que ce peuple avait acquises dans le domaine qui nous préoccupe.

Non moins surprenante est la disparition dans la nuit des temps de ces populations et ce, dans des conditions qui demeurent un mystère. Est-ce dû à un phénomène météorologique, climatique, ou autre?… Nous sommes devant leurs empreintes pantois et admiratifs!.. Un vide-ordures, des poubelles sur les places publiques il y a 4500 ans !… Sans oublier les égouts, une maîtrise parfaite des pentes pour l’écoulement des eaux, l’étanchéité des bassins, etc..

Un peu plus près de nous, vers 300 ans avant notre ère, Hippocrate un génial observateur, écrit en visionnaire la meilleure façon de vivre, avec son fameux traité sur « les eaux, les airs et les lieux », toujours d’actualité et dont nos architectes s’inspirent.

Durant les 10 siècles qui ont suivi le début de notre ère, les barbares ont plus saccagé qu’amélioré les premiers résultats tangibles obtenus dans l’approvisionnement en eau potable ainsi que dans le domaine du rejet des eaux usées.

Depuis le Moyen Age, et jusqu’au milieu du XIXème siècle, le comportement quasi général de la population, fait d’insouciance, de négligence et la prétention de certaines classes privilégiées ont entravé le fonctionnement et le développement de l’hygiène publique. Toutes les innombrables réglementations et les peines encourues n’ont pu venir à bout d’une population aussi indisciplinée, imprévoyante et irresponsable.

Et pendant ce temps, les épidémies frappaient.

Les conditions de vie des masses laborieuses sont déplorables au temps des premières manufactures. Leurs dirigeants et la classe politique n’ont jamais été aussi à l’aise, mais n’ont pas eu le regard, ni la vision qu’il convenait de porter à cette nouvelle classe sociale. De là vont naître des convulsions et donner lieu à de graves désordres, réprimés de manière sanglante. De cette situation naissent divers courants: le communisme, le socialisme… et celui des hygiénistes.

C’est aussi grâce au génie, au travail, à la volonté, à la sagesse et à la prise en compte d’expériences, que quelques hommes au cours du XIXème siècle ont pu contribuer à faire évoluer l’hygiène. Nous pouvons rendre hommage:

– au préfet Chabrol: débutant l’approvisionnement en eau de la capitale,

– au préfet Rambuteau: urbanisation,

– à Blanqui et Villermé: hygiénistes,

– à Haussmann et à son équipe pour la transformation de la capitale, et le modèle qu’elle suscita en France et à l’étranger,

– à Pasteur: pour ses découvertes sur les fermentations, les microbes, la vaccination, etc…

– à Payen pour ses travaux sur l’hypochlorite de sodium et Berthollet avec l’eau de javel (en usage chaque jour dans tous les lieux de vie).

– à Jules Ferry qui fait entrer les cours d’hygiène à l’école.

Avec eux, un nom mérite aussi d’être cité, c’est celui de Godin, qui a réalisé son Familistère en procurant logement et hygiène aux familles de ses employés. On peut également méditer sur « l’apprentissage à habiter dans des logements de type urbain », qu’il dispensait à ses futurs locataires venant de la campagne; et des sanctions qui ceux-ci encouraient en cas de non respect des règles établies.

La période s’étendant depuis la fin du XlXème siècle, jusqu’à la première guerre mondiale est celle de l’utilisation des nouvelles énergies qui vont bouleverser les méthodes de travail. Le développement de la mécanique va donner lieu à des transformations radicales des moyens mis à la disposition de l’homme. Dès lors les matériels vont sans cesse évoluer, et ce dans tous les domaines. Les idées vont se bousculer pour venir à l’aide d’une hygiène publique en plein essor.

La ville de Monaco, en cette fin de XIXème siècle, est un exemple tout à fait édifiant pour l’enlèvement des ordures ménagères. Le procédé supprime un nombre non négligeable de nuisances. Certes, ce modèle est favorisé par la création d’un nouveau quartier, mais avec un peu de volonté…

Cependant toutes les inventions ne trouvent leur prolongement que longtemps après. Ce procédé inventé au début de ce siècle semble aujourd’hui d’un grand intérêt, c’est en somme assez rapide comme application. Si on songe que Léonard de Vinci avait imaginé le régulateur à boules et ne trouva son utilisation que 3 siècles plus tard sur la machine à vapeur de Watt !…

Si un homme comme le baron Haussmann et son collaborateur Belgrand n’avaient pas eu de volonté, Paris ne serait peut-être pas encore ce qu’il est…

Notons au passage que pendant longtemps, il y a eu absence totale d’échanges d’idées entre ces ingénieurs et les techniciens des villes; l’expérience et les connaissances de chacun auraient dû permettre des avancées plus rapides sur les techniques et les matériels.

A ce jour, il nous reste à être vigilant en matière d’hygiène et de salubrité dans les domaines suivants:

L’eau

Les nappes phréatiques sont quelquefois polluées par une agriculture toujours avide de productivité et, de ce fait beaucoup trop généreuse en engrais.

Par des éleveurs qui concentrent trop leur production sur un même lieu.

Et une industrie qui, accidentellement ou non, ne respecte pas les normes de rejets imposés de leurs effluents de fabrication.

En ce qui concerne l’eau, des progrès importants sont accomplis chaque jour pour sa purification. Le dernier en date est celui de la filtration par membranes.

La terre

Polluée par la présence de produits chimiques fabriqués ou employés par l’industrie; ainsi que par les déchets qu’elle génère; et il ne faut pas oublier nos déchets ménagers, enfouis dans des décharges plus ou moins contrôlées.

L’air et le feu

Par les fumées d’usines pas ou insuffisamment traitées, et l’air rendu vicié par nos moteurs techniques (carburants et huiles brûlées) et, aussi par nos modes de chauffage. L’industrie aussi doit faire des efforts sur ses rejets de combustion, qui dans certains pays restent plus que préoccupants.

Concernant l’énergie nucléaire, le respect d’attentions et de précautions particulières est plus que nécessaire si on veut transmettre à nos enfants la planète « Terre» dans de bonnes conditions. Il y va de la santé de tous aujourd’hui, et de la leur demain. Cependant tout cela a un coût!

Enfin tous les travaux d’hygiène (publique ou autre) sont un véritable travail de Pénélope à l’instar de ramassage des feuilles mortes en automne.

On obtient jamais plus qu’un résultat éphémère, l’heure qui vient va effacer le travail de la précédente et pourtant, le bien être éprouvé en matière d’hygiène nous conduit chaque jour à exiger davantage.

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