Nantes 1830-1848

NANTES SOUS LA MONARCHIE DE JUILLET 1830-1848 de Michel Aussel

Bains et lavoirs

En 1840, Nantes compte 84 « bateaux à laver» et 5 établissements de bains dont plusieurs sont installés sur la Loire. La baignade de la prairie des Mauves est réservée aux hommes et surveillée par deux maîtres nageurs qui bénéficient d’une prime de douze francs… par sauvetage. La rive sud de la pointe de l’Ile Gloriette est réservée aux bains des femmes. Elles en seront chassées en raison des travaux exécutés à cet endroit en 1843. On leur installe alors un bain public sur la rive droite de la prairie de Mauves; on y accède par le quai de Richebourg (qui vient d’être refait) et le pont de la Seille. Cette même année voit l’inauguration d’une école de natation rue Duguesclin, sur l’Ile Feydeau. De nombreuses « boîtes fumigatoires» sont également disponibles.

Les « bateaux à laver» sont installés sur la Loire, quai de Barbin, et sur les quais de l’Erdre, entre le Pont-Morand et le pont de la Motte-Rouge. Des arrêtés préfectoraux en réglementent avec force détails la fabrication, le fonctionnement, et le nombre que l’on tente de limiter en 1841, à 30 pour la Loire, et à 20 pour l’Erdre. Les bateaux contiennent des fourneaux pour chauffer les lessiveuses, des baquets pour le lavage et le rinçage. Le linge sèche à proximité sur les quais. Ces bateaux sont utilisés aussi bien par des ménagères, des employées de maisons que des blanchisseuses professionnelles que l’on retrouve surtout au quai de Barbin.

La coexistence entre les différents usagers du fleuve n’est pas toujours très harmonieuse. Les pêcheurs et leurs installations sont souvent victimes du passage des chalands; la proximité des navires rapides avec les gabarres est source de conflits. Les altercations entre les lavandières et les portefaix, contraints de passer entre les bateaux-lavoirs, sont hautes en couleurs.

Publicités