2010 Sinon rien !

POUR LES 150 ANS DES BAINS ET LAVOIRS DE LA MAISON ROUGE: UNE RUE PIÉTONNE SINON RIEN !

Journal Le Magdeleine / janvier 2010

Des riverains, soutenus par plusieurs associations proposent de fermer l’allée de la Maison Rouge à la circulation. Ce passage deviendrai piétonnier, cyclable et commerçant, sans stationnement automobile; une invitation à entrer dans le quartier de façon plus douce.

Nous souhaitons que cette aménagement soit étudiée rapidement. Nous voulons être consulté pour sa réalisation car nous avons des propositions à faire concernant la mise en valeur du site.

La mairie parle beaucoup de dialogue au sein des quartiers, de patrimoine, de plan vélo, d’écologie… Cette demande a été déposée lors de l’enquête publique il y a plus de huit mois… et toujours pas de réponse!

Après le combat pour l’hygiène, c’est la circulation automobile et la pollution de l’air qui posent problèmes depuis plus d’un demi siècle.. Pour les 150 ans des Bains Douches en 2010, une rue piétonne!

BAINS ET LAVOIRS ALLEE DE LA MAISON ROUGE: DEPUIS 1860!

Les systèmes d’hygiène publique très sophistiqués apparus dans l’Antiquité et transmis chez nous par les romains, ont disparu progressivement après le début de l’ère chrétienne. Le génie des bâtisseurs s’est alors tourné vers le sacré et les cathédrales. Aqueducs, canalisations, thermes, piscines… ce savoir faire a été perdu… pour des siècles.

En 1850, l’essor de l’industrie nantaise a attiré des familles entières en grand nombre. Celles ci vivent dans des taudis insalubres, loués à prix d’or. Les conditions de travail pénibles, ainsi que l’absence d’hygiène entrainent une grande misère. Des épidémies de choléra plongent la ville dans la terreur.

L’eau de l’Erdre est pollué par les tanneries et un abattoir. Les quais de Loire font offices d’abreuvoirs et de lieux de puisage: chevaux, porteurs d’eau, blanchisseuses s’y bousculent. Les bateaux lavoirs et l’hôpital sont soupçonnés de répandre des germes malsains.

Les blanchisseuses travaillent en toute saison dans une humidité constante et dans des positions éprouvantes pour le corps. Le peuple fait la queue devant les rares puits ou bien va chercher l’eau directement dans le fleuve. La pénurie de fontaines et de lavoirs sur la terre ferme se fait cruellement sentir. Nantes, ville traversée par un grand fleuve et plusieurs rivières, manque d’eau!

A cette époque, les dirigeants et la classe politique n’ont jamais été aussi à l’aise, mais n’ont pas eu le regard, ni la vision qu’il convenait de porter à cette nouvelle classe sociale.

A Nantes, comme ailleurs en France, la misère et les inégalités entrainent des révoltes, durement réprimés. De cette situation naissent plusieurs courants: le communisme, le socialisme et l’hygiénisme.

Grâce à eux, les premières mesures sont enfin prises: Au milieu du XIXe siècle, la question sociale est poser. L’état doit prendre en charge des équipements d’intérêt public et assurer l’existence des plus faibles; L’hygiène est la priorité, et le gouvernement de Napoléon III ouvre des crédits.

Le bâtiment dessiné par Henri-Théodore Driollet sera ouvert au public en janvier 1860. C’est, l’un des premiers établissements modèles de bains et lavoirs gratuits ou à prix réduits à l’attention des classes ouvrières.

L’architecte s’est adapté avec talent à la configuration triangulaire du terrain: dans la partie large, les bâtiments élevés du lavoir (48 places) et des machines qui ont besoin de développement, au centre un vestibule ouvert de chaque coté, et jusqu’à la pointe, les bains (28 baignoires en zinc). A l’extérieur, une niche, pour accueillir une fontaine. Trois principes ont guidé l’architecte: simplicité, fonctionnalité et emploi de matériaux de premier choix.

A son ouverture, les bateaux-lavoirs verront d’un mauvais œil cette concurrence de la mairie. Pendant un siècle, la fréquentation sera considérable et le bâtiment évoluera régulièrement avec son temps et avec les techniques.

Beaucoup plus tard, à partir de la première moitié du XXe siècle, les Bains Douches (les douches, plus rapides et économiques se substitueront progressivement aux bains) seront construits dans chaque quartier et accueilleront les nantais jusque dans les années soixante avant de loger des associations dans les années 80. Aujourd’hui, dans les grandes villes occidentales, les bains publics rouvrent leurs portent et remplissent encore, pour une nouvelle clientèle, leur rôle convivial et social.

Le Bain et Lavoir de la Maison Rouge qui remplit cette mission sans interruption depuis 1860, est un marqueur important de l’hygiène publique en France.


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