1934 Moderne !

15 février 1934 journal Le Populaire

Un bel effort de la ville – Les bains-douches du quai Baco sont près à recevoir le public

Il y a encore à Nantes un quai Baco au long duquel coule-non! Ne coule plus, mais monte et descend-une eau qui vient de la Loire.

Et, sur le quai Baco, il y a un bâtiment communal désuet à vrai dire, mais non sans allure, au fronton duquel est inscrit: bains et lavoirs.

Il fut bâti sur les plans de l’architecte Driollet celui qui a réalisé également la Poissonnerie. Ces deux bâtiments sont d’ailleurs assez ressemblants. C’est en 1860, que les bains et lavoir du quai Baco ont ouvert leurs portes. On peut penser qu’en ce qui concerne les bains, il y a quelque chose de changer depuis 1860.

depuis ce temps, les années ayant passé, le bâtiment s’est légèrement tassé, éfritté. Et tout cela fait que les bains du quai Baco n’étaient plus guère fréquentées. Une réforme s’imposait.

Elle a été sérieusement réalisée et menée à bien, sous la direction de l’architecte de la ville bien connu, M Robida, lequel a transformé complètement le local du quai Baco qui était affecté aux bains.

Félicitons donc la ville qui dans le soin qu’elle apporte à la réalisation de deux choses différentes: bains et lavoirs et restaurants municipaux, fait là œuvre particulièrement utile en ce qu’elle profite à la classe laborieuse.

Un aménagement absolument moderne dans un vieux bâtiment très joliment et adroitement restauré.

La phrase ci-dessus s’appelle un sous-titre. Elle pourrait être un peu la définition de l’aménagement exécute par M Robida. Les peintres étaient hier à l’ouvrage, les laveuses aussi, car les nouveaux bains du quai Baco ouvrent aujourd’hui même. Et aujourd’hui, le public pourra juger que l’effort qu’on a fait pour lui mérite d’être signalé.

Seule la partie du bâtiment réservée aux bains a été transformée et restaurée intérieurement. L’intérieur, de forme ovale, pourrait presque faire penser à l’intérieur d’un bateau: des colonnes soutiennent l’étage supérieur qui forme galerie circulaire et qu’une passerelle relie d’un bord à l’autre.

Les hublots complètent l’illusion. Au dessus, une verrière du plus bel effet avec des vitres « goutte d’eau ».

les murs sont revêtus d’une peinture gaie en deux tons: vert et jaune ocre.

L’ensemble de l’aménagement est avenant, très propre et clair. Le dallage est une mosaïque de grès en deux tons également. L’établissement est chauffé à la vapeur et éclairé à l’électricité.

Les cabines

L’aménagement comprend en tout 48 cabines: 4 pour bains de Barège, 12 pour bains-douches, le reste pour les bains ordinaires.

Les bains ordinaires sont placés au 1er étage. Chaque cabine est munie d’un radiateur, de l’éclairage électrique.

Elles sont vastes et un appareil permet l’évacuation de la vapeur: on n’a qu’a tirer sur la poignée.

A signaler, une très bonne mesure: a porter de la main, est un bouton d’appel en cas de défaillance ou de besoin.

Dans chaque cabine est également une glace, un porte manteau, un banc. Encore un perfectionnement à signaler: le degré de l’eau monte progressivement jusqu’à un degré maximum. Cette disposition évite tout accident par ébouillantement.

Autre chose: le bassin des bains-douches peut à volonté retenir l’eau pour faire office au besoin de bain de pied. Comme on voit tout a été prévu.

Les bains du quai Baco sont dirigés par le Service des Eaux e la ville. M Menez en est le régisseur.

Trois baigneuses, un caissier et un chauffeur composent le personnel.

Et maintenant cher lecteurs, nous pouvons vous envoyer aux bains, sans risque de vous déplaire.

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1934 15 février-l’Ouest Eclair

Les bains-douches modernisés du quai de la Maison Rouge sont ouvert au public

Les bains douches municipaux du quai de la Maison Rouge…en a t’on dit assez de mal! Cet établissement hygiénique passait naguère pour un défi à l’hygiène. Depuis leur inauguration, vers 1860, les installations étaient restées à peu près dans leur état primitif, avec des cabines sordides, pauvrement éclairées au gaz.

La question de leur restauration fut agité au conseil municipal, mais il fallut en parler longtemps avant de voir la chose réalisée.

Il y a encore un an, les travaux commençaient et aujourd’hui même les nouveaux bains-douches sont ouverts au public. Nous les avons visités hier matin sous la conduite de leur sympathique régisseur M. Ménez qui a tenu à nous faire tout voir. Le bâtiment nous fait désormais penser à quelque hall de paquebot, avec ses colonnades en ciment armé, son escalier central, sa galerie, sa verrière, ses élégantes proportions, sa forme qui évoque la proue d’un navire, la sobriété de sa décoration. Tout a été transformé. On compte maintenant 12 cabines de bains douches, 32 de bains ordinaires et 4 de bains sulfureux, parfaitement isolés des autres.

Les installations d’eau chaude et froide, le chauffage à la vapeur, le système de distribution et d’évacuation des eaux et d’aspiration de la vapeur, tout est moderne, et l’on a employé les appareils les plus récents. Le jour, les spacieuses cabines reçoivent largement la lumière de la verrière et des fenêtres latérales. De plus chaque cabine a son éclairage électrique particulier. Bien entendu, le chauffage central est installé dans le hall. Avec ses établissements de la rue Noire, de la rue Michel-Rocher et de la rue Duplex, la ville de Nantes possède aujourd’hui 167 cabines de douches et de bains… en attendant une piscine, mais ceci est une autre histoire.

Au quai de la Maison Rouge, il reste encore beaucoup à faire pour ce qui est du lavoir municipal, nous croyons cependant savoir que l’administration pense sérieusement à le rajeunir et nous pouvons ajouter que les travaux de restauration de l’intérieur seront commencée incessamment.

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