MISE EN VALEUR

Projets pour les bains et lavoirs de Nantes (voir images ci-dessous)

Les options actuelles du Collectif des Bains-Douches : une rue piétonne et cyclable, la fontaine publique prévue à la pointe par l’architecte Driollet, l’aménagement de la partie lavoirs détruite (à l’identique, structure végétalisée, marquage au sol…), la nuit un léger éclairage blanc et uniforme…

Compte tenu de la valeur historique et architecturale de ce patrimoine unique en Europe et des qualités de l’architecte Driollet à qui Nantes doit beaucoup, la reconstruction à l’identique de la partie arasée est une option envisageable.

Vasque : vers 1851, Driollet dessine les premières fontaines publiques nantaises accolées à des établissements publics (les Bains&Lavoirs et la Poissonnerie de l’île Feydeau). A la pointe, la magnifique niche en cul-de-four accueillera enfin sa vasque.

Structure partie lavoir : côté rue des Olivettes, l’option d’une structure qui reprend la forme des fenêtres thermale surmontées d’une toiture conique (ensemble esthétique inspiré des thermes romains favorisant l’éclairage naturel et l’aération) respecte l’œuvre de Driollet et redonne au bâtiment l’équilibre architectural perdu depuis l’arasement du lavoir en 1967.

Les meneaux (ou colonnettes) de ces fenêtres peuvent se substituer à un moulage imitation bois, référence à une technique d’origine italienne appelée « art rocaille » ou « rustique » très en vogue du milieu du XIXe siècle jusqu’aux années 30 pour les parcs (Bois de Boulogne, Butte-Chaumont…) et les villas balnéaires. L’ajout de plantes grimpantes sur la structure complétera l’embellissement de cet espace. Avec ce projet, une courette fait office de transition entre l’espace public et les douches municipales. En raison de l’exiguïté des bains-douches l’espace gagné sera bénéfique pour le fonctionnement du service et l’intimité des usagers.

Structure arrondie :

  • De dessus l’édifice prend la forme symbolique d’une goutte d’eau.
  • Cette structure en demi-cercle reprend la forme de l’ancienne poissonnerie dessinée par Driollet sur l’île Feydeau).
  • La forme en fer à cheval rappelle que nous sommes dans l’ancien quartier des écuries de la ville ou en 1826, furent crées (pour se rendre aux bains !) les premiers transports en commun urbains français.
  • Dans le monde romain, l’exèdre de plan semi-circulaire qui permettait de s’asseoir pour converser était fréquemment intégrée aux grandes façades des thermes et autres monuments publics.
  • Nymphée : L’abside semi-circulaire était la forme architecturale bâtie autour d’une fontaine publique ou d’un bassin recevant une source considérée comme sacrée.
  • Cette forme arrondie symbolise la féminité et rappelle qu’à Nantes comme ailleurs, le lavoir était le lieu exclusif des femmes.
  • Les six arches de la structure symboliseront les six ponts qui permettaient le franchissement du fleuve. Charnière entre Bretagne et Poitou, entre Loire fluviale et Loire maritime, l’antique « Route des Ponts » a joué un rôle crucial pour Nantes.
  • Compte tenu de la forme en pointe de l’édifice, cette courbe modélise la poupe d’un navire. On retrouve ces courbes à l’intérieur du bâtiment avec l’architecture 1930.
  • La partie supérieure de la structure s’apparente à une couronne. Bel image pour le futur roi des lavoirs de France.

Aménagement intérieur : la restauration intérieure conçue après 1930 par les architectes Etienne Coutan et Camille Robida est toujours visible aujourd’hui : verrière et éclairage zénithal, colonnes, escalier à double volée, passerelle, bastingage, cabines. Dans cet espace en forme de proue, se retrouve l’un des concepts clefs du mouvement moderne, celui du paquebot. Ces surfaces intérieures sont aujourd’hui recouvertes par des matériaux bas de gamme.

En conclusion : avec la fontaine publique et la structure végétalisée, la référence italienne de l’édifice est affirmée. Un effet miroir sera perçu grâce aux liens de parenté entre les deux extrémités (formes demi-circulaire, rapport à l’eau…). A l’intérieur du bâtiment, un carrelage adapté ou une mosaïque complétera harmonieusement cette rénovation qui comprendra ainsi les principales marques de l’architecture thermale. A travers ce patrimoine qui permettra aux enseignants d’aborder le thème de l’hygiène publique, la dimension pédagogique d’origine (éducation du peuple à la propreté) sera perpétuée.

Pour Napoléon III et les saint-simoniens du XIXe siècle, les populations défavorisées doivent aussi bénéficier des bienfaits du progrès, l’hygiène exerçant, d’après eux, une influence civilisatrice et morale. Avec ce projet, le plaisir de l’usager des bains-douches, comme celui du promeneur, s’accompagnera d’une  rêverie ou d’une réflexion face à une valorisation réussie.

Extrait des rapports de Driollet : « …tous les matériaux employés sont de premier choix, et rien ne doit être négligé sous le rapport de la solidité. […] …les constructions, comme la décoration, peuvent être aussi simples que possible. »

fontaine 1 Projet goutte d'eau 1

Dans la galerie d’images ci-dessous, quelques ébauches, l’architecture intérieure, les mesures…