1854 oct. Rapport Driollet

Rapport de Driollet pour la Commission de réception des bains et lavoirs 30 octobre 1854

La loi du 3 Fév.1851 porte qu’il sera crée dans les grandes viles des établissements modèles de bains et lavoirs à prix réduits destinés plus spécialement à la population ouvrière, et que l’état, sur le crédit de 600 000 francs voté par la chambre, pourra accorder des subventions dont le maximum ne pourra pas dépasser 20 000 francs.

La ville de Nantes a répondu à cet appel. Son administration municipale a nommé une commission spéciale chargée d’étudier la question de cet établissement et dresser un programme à cet effet.

Cette commission, en 1851, dans un rapport circonstancié et bien étudié, posa les données principales de cette importante création et c’est d’après ce rapport que l’architecte soussigné dressa d’abord un premier projet sur l’emplacement de l’extrémité de l’Ile Faydeau, choisi par la commission, projet qui dut être abandonné d’une pars à cause des dépenses considérables nécessitées par des substructions en rivière,et d’autres part en raison de l’éloignement des abords et ensuite sur l’initiative de d’administration Municipale, un deuxième projet sur le terrain communal du placis de la Maison Rouge, infiniment plus central et plus facile d’accès.

C’est ce projet en date du 12 novembre 1851 qui fut approuvé par le Conseil Municipal par délibération en date du 19 novembre 1851 après avoir été examiné par le conseil de salubrité, et avoir reçu à Paris la haute sanction de la Commission spéciale nommée par le Ministre pour exécution de la loi du 3 février 1851, obtint de suite le maximum de prime qui pouvait être accordé par le Gouvernement, soit 20 000 francs.

Ce projet fut ensuite renvoyé à la commission Nantaise des Bains et Lavoirs, qui fit un nouveau apport en date du 19 mai 1852, qui servent de base à la délibération du Conseil Municipal du 19 juin 1852, fixant le tarif de perception pour les bains&lavoirs, et le nombre des places gratuites.

C’est donc après toutes ces sanctions successives que l’établissement put être commencé, et a cet effet l’administration, après avoir demandé, d’après ses plans, devis et cahier des charges approuvés, des propositions aux principaux industriels mécaniciens de la ville, qui réclamèrent une augmentation considérable sur les prix du devis, accorda par marché en date du 30 septembre 1852, l’exécution des travaux au Sieur Rigola, fumiste, qui fit un rabais de 5% sur le montant de ce devis qui était de 75 038,13 francs, et les travaux commencèrent après approbation de ce nouveau marché par le Préfet dans le mois de décembre 1852, et viennent d’être terminé à peu près à la même époque en 1854.

l’Architecte Voyer soussigné doit rendre dès à présent témoignage du concours intelligent de cet entrepreneur qui, malgré les éventualités de perte presque certaines dans une semblable entreprise en raison des bas prix portés et du long terme des paiements, ne craignit pas de concourir, peut être à ses dépens, aux nombreuses améliorations matérielles qu’une étude plus approfondie au point de vue pratique a rendues nécessaires lors de l’exécution. On ne peut lui reprocher que la lenteur extrême qu’il apporta à l’achèvement des travaux, mais son excuse existe dans les entraves qu’il a rencontrées dans ses sous traitants et ensuite dans le renchérissement excessif des matériaux au moment de l’exécution, ce qui, avec le peu d’argument qu’il avait à recevoir en raison des conditions onéreuses de son marché, dut naturellement ralentir la marche des travaux, en les rendant très onéreux pour l’entreprise.

Malgré l’approbation formelle du projet présenté avant l’exécution le soussigné pensa qu’il devenais nécessaire de l’étudier plus particulièrement au point de vue de l’exploitation pratique, et prit à ce sujet des renseignements précis: il en résulte de cette étude que quelques modifications devenaient nécessaires sur le projet primitif.

D’abord, il fus appris qu’en livrant au service gratuit tout l’établissement certains jours de la semaine, ainsi que la chose avait été arrêtée, il y aurait probablement chômage tout à fait improductif même au point de vue de la bienfaisance parce que tout l’établissement ne trouverait pas à utiliser pour la gratuité son produit pendant ces journées, et de plus qu’il y aurait par le fait dépréciation aux yeux des ouvriers qui ne veulent profiter que de prix réduit.

D’autre part on conçoit que le service gratuit n’étant pas journalier, offrait encore de graves inconvénients dans l’application des besoins qui pouvaient chaque jour surgir dans ce service sans qu’on pût alors satisfaire s’ils n’avaient lieu au jour indiqué pour la gratuité. D’un autre coté, le service des bains médicamenteux et de vapeur, relégués à l’extrémité du projet ont été reconnus trop éloignés des générateurs et de la surveillance que nécessites plus particulièrement ces sortes de bains. De la est résulté une transformation. Les bains médicamenteux ont été ramené près du grand vestibule d’entrée, ce qui permet:

1- un accès direct de ces bains spéciaux par le vestibule.

2- une ventilation directe sur la voie publique, ce qui est indispensable pour ces sortes de bains. Dès lors, par suite de cette transposition, le petit bâtiment de l’extrémité a pu être spécialement affecté au service gratuit des bains avec une entrée particulière, mais pouvant facilement se desservir par les mêmes servantes des bains à prix réduit.

Six baignoires peuvent donc ainsi être affectées au service gratuit continu.

En second lieu, en étudiant la question financière de l’opération, il a été reconnu d’une manière incontestable que les lavoirs au prix portés, ne pouvaient donner qu’une perte sensible tandis que les bains même à prix réduit donnaient des bénéfices. Seulement, l’expérience de l’Angleterre et de la France dans les établissements qui existent prouve qu’il faut au moins le bénéfice d’un bain pour couvrir les frais d’une place de laveuse. Or, le programme ne demandant que 24 baignoires pour 48 laveuses, il devait donc en résulter, surtout avec la gratuité accordée,un déficit, et ce déficit a été constaté pour l’exploitation dans le tableau des recettes et des dépenses ci-joint. Il devenait donc nécessaire de songer dès à présent à combler ce déficit un jour, et à le changer même peut être en bénéfice, ce qui devenait facile en préparant au moins pour l’avenir la possibilité de doubler à peu de frais le nombre des bains, mesure du reste indiquée comme bonne à prendre dans le programme de la commission. Le besoin a amené à élever de suite le petit entresol qui n’existe pas au projet, et qui plus tard eut couté fort cher à construire, cet étage provisoirement pouvant être utilisé avec avantage comme magnifique séchoir d’été à air libre.

En ce qui concerne les lavoirs, il a été reconnu que dans un emplacement aussi rétréci, il devenait nécessaire, fut-ce au point de vue de la sureté, de grouper bien distinctement les deux services, à savoir:

1- le service direct qui a lieu par les laveuses elles-même

2- celui qui doit avoir lieu par l’intermédiaire des machines et des agents qui sont préposés pour les faire mouvoir.

Le projet approuvé, comme inconvénient manquait à cette obligation par suite de l’établissement des séchoir dans une salle de passage à rez de chaussée entre les deux lavoirs, et de plus il n’y avait pas de bassin destiné à l’essangeage et au lavage des grandes pièces, ni de salles pour le repassage.

D’autre part, les réservoirs avaient été disposés dans une partie du bâtiment d’administration, ce qui rendait le logement d’habitation trop exigu. Lors de l’exécution, on a obtenu deux nouvelles salles, une pour le lavage en grand et une pour le repassage, pouvant servir également de salle d’asile pour les enfants des laveuses, et pour cela les séchoirs chauffés d’un facile accès ont été placé dans le bâtiment des machines, ainsi que les réservoirs, de telle sorte que tous les services se trouvent groupés et superposés dans le même emplacement, et que le public se trouvera éloigné de toutes les parties qui exigent une surveillance continuelle et la conduite d’agents spéciaux. L’établissement forme ainsi quatre grandes divisions bien distinctes:

1- service des bains en trois sections

2- service des lavoirs également en trois sections

3- services des machines

4- service de l’administration et de l’habitation. Le tout desservi par des entrées spéciales et faciles d’accès.

En outre de ces améliorations de distribution, voici maintenant celles d’exécution matérielle qui ont été opérées.

Les baignoires indiquées en zinc dans le rapport de la commission et au devis, ont été mises en faïence. C’est une amélioration que réclamait un établissement modèle, et qui a été également appliquée à Paris dans le grand établissement qui se construit.

Toutes les cloisons en planches sujettes à pourrir à l’humidité, mais indiqué au devis ont été remplacées par des cloisons en briques et ciment romain pur avec soubassement en pierre d’ardoise pour les lavoirs, et en brique avec enduit de fresque pour les cabinets de bains. Tous les planchers dans les bâtiments d’exploitation prévus en bois au devis, ont été exécutés en fer et voutes en brique avec enduit de fresque bien lissé et imperméable à l’humidité, pour empêcher ainsi toute possibilité d’incendie.

Les baquets des lavoirs prévus en zinc ont été exécutés en ciment romain avec planche de battage pour chaque place. Les trois réservoirs prévus en zinc pour l’eau froide et en plomb pour l’eau chaude, ont été exécutés en forte tôle rivée et mattée. Enfin comme on aurait du compter pour faire marcher l’établissement sur le service d’eau de la ville, il n’avait point été prévu de machine à vapeur et de pompe pour monter l’eau et les essoreuses devaient marcher à bras comme dans beaucoup d’établissements, et même à celui de paris, aussi deux simples générateurs à vapeur étaient indiqués pour chauffage de l’eau.

La nécessité de faire fonctionner l’établissement dans le délai fixé par le ministre, a forcé alors d’établir une pompe à feu avec une machine de quatre chevaux, ce qui a permis comme amélioration:

1- d’appliquer la force mécanique de la vapeur à la marche des essoreuses, ce qui augmente leur action.

2- d’employer la vapeur perdu dans aucune dépense de la machine aux séchoirs qui partout ailleurs ont des foyers spéciaux fort dispendieux de combustible.

3- ce qui permettra peut être plus tard, lorsqu’on pourra disposer de la force motrice de la pompe à fer par suite de l’établissement du service d’eau de la ville, d’appliquer cette force à l’établissement d’un battage mécanique dans le grand bassin commun, en s’inspirant de la machine à laver si recommandé par Mr l’ingénieur Leger de Londres, ce qui justifiera complètement la dénomination d’établissement modèle prévue par la loi.

Le devis ne comportais qu’une essoreuse pour les deux divisions de lavoirs. A l’exécution, il en a été placé deux, parce qu’il a été reconnu qu’il y aurais trop de perte de temps pour les laveuses.

Telles sont sommairement les améliorations apportées à l’exécution au projet primitif.

Voici maintenant, avant de donner les différents détails demandés par l’honorable rapporteur, une description succincte des lieux pour bien faire comprendre le service.

Le bâtiment d’administration est placé au centre de l’établissement, ayant deux larges entrées, l’une sur le quai, l’autre sur la rue du quai de la Maison Rouge. Ces entrées communiques à un grand vestibule divisé en trois sections, service des hommes, services des femmes, service administratif et ultérieurement à des bains de 1ère classe.

Les deux portes à l’entrée communiquent spécialement aux lavoirs, aux bains à prix réduit, aux bains médicamenteux, de telle sorte que le directeur et le contrôleur placé au centre embrassent du même coup d’œil tous des services distincts. Le vestibule des bains gratuits qui s’ouvrira à l’heure indiqué pour ces bains sous l’appel d’une sonnette, contient comme salle d’attente, le nombre de places nécessaires au renouvellement d’une station de bains, chacun ne devant entrer qu’avec des cartes indiquant l’heure précise du bain, afin qu’il n’y ait point d’encombrement, et de telle sorte que les gens de service des bains à pris réduit puissent faire également celui des bains gratis.

Les salles d’attente à prix réduit au contraire, dont le service ne peut être régularisé, sont spacieuses, et peuvent recevoir le double du nombre des baigneurs, contrairement à l’opinion émise faute de renseignement, par un membre du Conseil Municipal, ainsi qu’il résulte de la délibération du 3 février 1854.

Les cabines de bain à prix réduit et établis comme 2ème classe, comme tous ceux d’Angleterre, c’est à dire par des claires-voies et des portes vitrées, sont suffisamment éclairés sur la salle d’attente ou il existe six croisées dans une longueur de moins de 16m. Ils sont de plus soumis à une double ventilation, ventilation d’été à air direct et passant par des barbacanes établies dans la partie inférieure, et ventilation d’aspiration pour l’hiver par l’appel de la grande cheminée.

Les bains médicamenteux, de plus se ventilent directement par des croisées donnant sur la voie publique. Comme disposition, le cabinet à vapeur renferme un appareil à douche complet et ultérieurement une boite à vapeur et un lit de repos dans un cabinet contigu. Des lattrines sont disposées à chacune des extrémités des salles de bains près des bains gratuits.

Par la suite, à l’entresol, pourrait être disposés les bains de 1ère classe. Une entrée particulière et distincte peut leur être réservé en raison de la disposition des lieux dans la partie du vestibule sur le quai. L’accès aurait lieu vis à vis le contrôle par l’escalier de l’administration conduisant en entresol à un atium supérieur dans le vestibule milieu formant salle d’attente. Chaque division de bains, hommes et femmes, aurait lieu comme au rez de chaussée, mais avec disposition inverse. Ainsi les cabinets de bains seraient éclairés directement par une croisée sur les voies publiques et la salle d’attente serait reportée contre le parpaing de refend et éclairé par en haut. Il y aurait également deux divisions de bains médicamenteux de 1ère classe, et cabinets de latrines à chaque extrémité. Les cabinets de bains à robinet ouvrant à volonté pourraient être établis sans beaucoup de frais de la manière la plus confortable, et ne laisser rien à désirer à l’usage.

Les lavoirs sont disposés en deux sections comportant chacune trois divisions avec cellules de laveuses renfermant chacune deux auges à laver, une planche à battre, une planche à déposer, plus un robinet à eau chaude et froide. Les deux sections se réunissent par une salle centrale avec grande cuve commune pour le lavage des grandes pièces, plus un bassin à rincer. Cette grande cuve est disposée de manière à pouvoir ultérieurement recevoir un battage mécanique à l’aide de batteur d’après le système Feanrare. Cette salle pourrait servir également d’entrée sur la rue des Olivettes pour les lavoirs gratuits qui seraient ouverts sur la présentation de cartes, et sous l’appel d’une sonnette. Les places gratuites occuperaient les deux dernières travées de lavoir sur la rue des Olivettes.

Des lattrines pour les laveuses sont disposées à l’angle du quai et de la rue des Olivettes. Les lavoirs sont ventilés dans la partie inférieure par des barbacanes à air passant et dans la partie supérieure par des lucarnes à ventilateur directe.

Au premier étage, au dessus de la salle du lavoir commun, se trouve disposée la salle de repassage pouvant également servir de salle d’asile pour les enfants des laveuses.

Le bâtiment des machines comporte en quatre étages, les services suivants, a savoir au rez de chaussée, coté rue des Olivettes: 1- un magasin pour le charbon pouvant refermer le combustible, suffisant pour quinze jour de service. 2- un magasin pour les ingrédients. Les magasins se déservent par la porte de la rue des Olivettes dans la salle du lavoir commun. Dans la partie du milieu après les magasins sont déposées les deux essoreuses en communication avec chacune des deux divisions de lavoir. Au centre on pourra disposer un petit établi avec étau pour travail du chauffeur mécanicien, ou d’un ouvrier préposé à l’entretien journalier. Dans les deux travées à la suite, se trouveront les deux générateurs de chaque coté de la machine placé au milieu, un fourneau spécial avec chaudière à pression est établi pour le coulage de la lessive. Le fourneau est aussi à l’un des murs de refend latéraux. Cette chaudière pouvant chauffer soit par un foyer particulier disposé à cet effet, soit par la vapeur lorsque la machine est en activité. De l’autre coté pourrait être symétriquement placé un appareil à bain-marie chauffé également par la vapeur pour la préparation de soupe économiques en hiver. Cette distribution se ferait facilement par les deux arceaux qui donnent accès à la galerie milieu des essoreuses. Le chauffeur communique par une échelle en fer à la machine placée en entresol au dessus. Cet étage destiné au coulage de lessive renferme deux grands cuviers, plus la machine à vapeur placé au milieu et adossé à la grande cheminée. L’accès des cuviers pour les laveuses a lieu par une travée droite partant de chaque coté de la salle du lavoir commun et correspondant à chaque division de lavoir. Des tables disposées dans la travée du milieu au dessus des essoreuses, permettraient au couleur de lessive de recevoir les paquets de linge et de les étiqueter.

Les deux cuviers, permettraient, s’il était reconnu nécessaire, de faire une lessive spéciale pour les lavoirs gratuits. A cet étage et à portée du chauffeur mécanicien, se trouvent disposés sur une même ligne et de manière à être parfaitement reconnus, les tuyaux et robinets destinés à la répartition de la vapeur d’eau pour les diverses parties du service.

De la salle de lessive on communique de chaque coté par quelques marches à la salle de repassage . Le fourneau pour chauffer les fers seraient placé entre ces deux escaliers. De la salle de repassage, on communique de chaque coté par une nouvelle travée d’escalier en 3ème étage, au séchoir chauffés par la vapeur perdue de la machine. Ces chauffoirs sont à tiroir alternés permettant l’accès simultané de tous les tiroirs sur toute leur surface pour éviter les pertes de temps. Cet accès à lieu par deux couloirs latéraux de chaque coté des séchoirs. Le 4ème étage enfin est occupé par le grand réservoir à eau froide et peut également servir de séchoir à air libre pour le linge de la maison. Les réservoirs à eau chaude sont cylindriques, placés de chaque coté de la grande cheminée immédiatement au dessus des chaudières. Le tuyau de fumée du fourneau passe au centre en servant ainsi à commencer le chauffage à l’avance.

On doit reconnaître par cette description qu’un seul foyer, celui des générateurs, sert à tous les services sans aucuns feux spéciaux, si ce n’est pour le fourneau du repassage qui nécessite un feu nu pour chauffage des plaques, et que cette disposition doit produire une économie considérable de combustible sur tous les établissements installés jusqu’à ce jour, qui comptent autant de foyers que de services différents.

Ainsi comme marche de service, une laveuse en entrant reçoit un N° de cellule, ce même N° sert à paqueter son linge pour la lessive, au tiroir de séchage et à la place de repassage.

On reconnaitra de plus qu’un escalier spécial à chaque division des lavoirs, correspondra à chaque étage à tous les services, et que par ces dispositions, il ne peut y avoir aucune confusion dans le service.

Le bâtiment d’administration comporte au 1er étage, un appartement de quatre pièces pour le directeur de l’établissement, avec caveau en dessous de l’escalier, et au dessus, en lambris dans le comble , quatre chambres de servant, et au milieu une chambre pour placer la lingerie. Des latrines sont affectées au service de chaque étage. Tout cet ensemble se termine dans la partie la plus étroite du terrain par une fontaine publique qui pourra être alimentée par l’établissement, jusqu’à ce que le service d’eau de la ville soit installé.

Telle est la description des lieux, dans laquelle chaque agent se trouvera assigné à un service, et occupera un emplacement spécial qui le fera toujours reconnaître.

Voici maintenant les renseignements particuliers qui sont demandés.

La superficie générale du terrain occupé par les constructions est de 903,50 m

BAINS

le nombre de baignoire gratuites sera ordinairement de six, une par arrondissement, et pourra au besoin être porté à 12, pour rentrer dans le chiffre porté à la délibération du conseil. Elles fonctionneront 11 heures, soit 122 bains par jours, 854 par semaine, et par an 44 408.

Dans l’état actuel, le nombre des baignoires payantes sera de 14, donnant par jour 154 bains, par semaine 1078, et par année 56 056, plus deux baignoires pour bains de Barèges, sulfureuses et autres, soit 154 par semaine, 8008 par année, et deux robinets pour bains de vapeur, douches, et pouvant donner également 154 par semaine, et 8008 par année.

Ultérieurement, il pourra être établi à l’entresol 16 nouvelles baignoires 1ère classe, deux nouvelles baignoires barèges et deux robinets de bains à vapeur.

Chaque cabinet de bain a en moyenne 2m de longueur sur 1,9m de largeur, soit 1,9m de surface. Ceux de 1ère classe à l’entresol pourraient avoir 2,6m sur 1,8, soit 4,68 de surface. Il faudra pour desservir ces bains pour le moment un garçon et une fille de bain qui pourront être supplées temporairement par une buandière lingère attachée à l’établissement, et par le surveillant des lavoirs.

Ultérieurement, il faudra deux nouveaux servants pour le 1er étage, si on y établi une nouvelle série de bains.

LAVOIRS

Ils comprennent 48 cellules ayant chacune 1,2m de largeur sur 1,5m de profondeur, soit 1,8m de surface. Ils contiennent 2 auges, l’une pour lavage de 0,6 long. Sur 0,42 d’une capacité à employer de 75 litres, l’autre de rinçage de 0,42 sur 0,42, et d’une capacité à employer de 50 litres. Seize de ces cellules pourront être affectées journellement au service gratuit, et comme on peut admettre que chaque blanchissage durera 2 heures ½, elles serviront par jour à 64 laveuses, 384 par semaine de 6 jours, 19 968 par année.

Les lavoirs payants réservés sont au nombre de 32 qui par 4 stations par jour donnent 128 laveuses, par semaine 768, par an 39 936.

La grande cuve pour lavage en commun des grandes pièces a de longueur 6m, largeur 1,5m. Sa capacité à employer est de 48 hectolitres 40 litres, et pour donner place simultanément à 12 laveuses, ou le ¼ du nombre des places par chaque station.

Il est a présumer qu’un seul agent pourra suffire au service des lavoirs, en suppléant même temporairement les garçons de bains.

La capacité des cuves à lessive est:

pour l’une 29h,80 litres

pour l’autre 15h28 litres

ensemble 45h08 litres

le nombre des paquets de linge aux lavoirs est:

au lavoirs gratuits 64

au lavoir payants 128

en tout 192 paquets de linge mouillé pouvant cuber en moyenne 0,043m, ce qui donne en cube total 8,460m dont moitié pour chaque lessive à raison de deux lessives par jour, chaque lessive se faisant en 3 heures donne 4,24m au lieu de 4,50m capacité des cuves.

Chaque lessive pourrait se faire en 3 heures, savoir: de 9 h à midi et de 3h à 6h.

Les tiroirs de séchage sont au nom de 25. une double rangée de tringles de séchage devraient servir à deux laveuses, la surface de séchage affectée à chaque laveuse est d’environ 2,5m. La surface de chauffe de la chambre est de 20 carrés. Le cube de cette chambre est de 18m soit 1,10 par mètre cube. La chaleur à produire devrait être constamment de 80 à 90° centigrades, l’opération du séchage pourra alors durer une heure au plus, temps correspondant à peu près à une demi station de laveuse.

Dans le cas probable ou la seule vapeur perdue de la machine ne produirait pas suffisamment de calorique, ce qui est probable, il faudra alors un supplément de chauffage par une circulation d’eau ou de vapeur à plat sur le sol pour chauffer la partie basse du séchoir.

Les réservoirs cubent 49,30m ou 493 hectolitres.

La dépense journalière d’eau:

Pour les bains 1188,5, les lavoirs 384, lavage des baignoires et baquets 200, ensemble 1772,5

La dépense journalière serait alors de 3fois ½ la capacité des réservoirs, on devra les remplir 3fois ½ par 24 heures, ce qui pourrait avoir lieu deux fois dans la journée, et une fois après la journée pour le lendemain matin.

Les bassins se remplissent en 6 heures par les deux corps de pompe, et ultérieurement par le service d’eau de la ville.

La force de la machine à vapeur est de 4 chevaux. La chaudière actuelle qui est d’occasion, a été timbrée à 3 atmosphère et demi, et est livrée comme pouvant produire 5 chevaux vapeur, ce qui est de beaucoup insuffisant au service, comme il sera indiqué plus tard.

Dépense journalière présumée

Le personnel de l’établissement est supposé devoir être de 12 personnes dans l’état actuel, et 14 en construisant les bains de 1ère classe . Ils reviendraient au moins par jour à 15,70 francs

la dépense de charbon de terre peut produire 6490 vapeur: 36,32 francs

supplément de chauffage du séchoir: 7 francs

30 kg carbonate de soude à 0,28: 7,50 francs

faux frais divers: 1,25 francs

total par jour: 67,77 francs

pour une année: dépense: 23 000 environ, le produit est estimé à 12 000. le déficit présumé serait de 10 000 francs.

L’administration pour ne pas s’engager dans les éventualités d’expérience d’exploitation par voie de régie directe, considérant que dans l’état actuel l’établissement ne pouvant marcher qu’avec une subvention supposée de 10 000 francs, a décidé l’exploitation par une concession par voie de concurrence à l’industriel privée avec subvention de 60 000 francs par année, représentant à peu près la moitié, puis la valeur des bains et lavoirs gratuits et de plus la faculté d’établir les bains du 1er étage mais avec retour pour la ville à la fin de la concession.

Le soussigné croit avoir ainsi clairement exposé à la commission tous les renseignements nécessaires pour assoir un jugement.

La chaudière actuelle qui est d’occasion, peut elle être conservée avec addition d’une chaudière neuve qui reste à faire, mais beaucoup plus puissante?

La forme proposée par Mr Rigola comme chaudière verticale est elle convenable?

Telles sont les quelques questions que le soussigné à l’honneur de proposer à la commission, pour quelle veuille bien les résoudre.