1959 Plainte de Mme Lamy

27 aout 1959 – Plainte de Mme Lamy à Nantes 2 rue Saint François

Monsieur le Maire

En tant que nantaise, et d’origine et de résidence, maman de 2 grandes filles, je me permet de vous signaler l’état répugnant de vétusté des cabines de bains (je ne parle pas des douches, je ne les connais pas) de l’établissement quai de la maison rouge. Allez-y-voir sans prévenir. Il est impensable qu’un conseil municipal comprenant entre autre: médecin, mère de famille, ayant un service d’hygiène délaissé des institutions sanitaires s’adressant évidemment aux nantais les moins favorisés (En ce qui nous concerne, le fait d’avoir été sinistré à 100% en 1943, nous a valu de revenir à Nantes dans un minuscule appartement, sans cabinet de toilette et sans possibilité d’en créer un, d’où l’obligation d’aller au dehors chaque semaine pour le bain indispensable avec les enfants).

Vous admettrez comme moi qu’il y a des dépenses plus utiles et urgentes et indispensables les unes que les autres et je pense que l’hygiène passe avant tout.

Les murs des cabines ressemblent à une champignonnière. Le bain qui y coule laisse un résidu de rouille!, les baignoires des cabines de la rue sont usées et le fond est lugubrement noir!

Quand à l’extérieur des baignoires et au minimum de confort….

Je me permet également de vous signaler le système archaïque des sonnettes, car, le bain pris, il faut sonner et attendre bien gentiment qu’on vienne vous délivrer pour sortir, alors qu’une simple et unique poignée à l’intérieur permettrait de sortir, le bain pris sans dérangement pour la préposée qui doit courir d’une cabine à l’autre, ce qui fait que le bain se prend dans une sonnerie perpétuelle.

Enfin, sur la rue, la chaleur oblige à entrouvrir les fenêtres. Pourquoi n’y aurait il pas des lamelles de verre inclinés, à une des vitres, ce qui serait infiniment plus pratique.

Ici en vacances, il y a un établissement de bains qui, quoique ancien est impeccable (mosaïques blanches, baignoires impeccables)……..

Je pense que Nantes et son administration ont le devoir de faire aussi bien.

Dans l’espoir qu’au moins quelques cabines seront remises en état, je vous prie d’agréer Monsieur le Maire, l’expression de mes meilleurs sentiments.

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Nantes le 31 aout 1959 – Ville de Nantes – Direction des TRAVAUX PUBLICS

Service BAINS ET LAVOIRS – Pièce jointe Réclamation de Mme Lamy

Par lettre ci-jointe, Mme LAMY se plaint de la vétusté des cabines de bains de la Maison Rouge et formule diverses observations. Mme LAMY ne fait que confirmer ce que nous avons déjà, à différentes reprises, signalé à l’administration et il semble que le service de l’Architecture aurait son mot à dire dans cette affaire. Dans nos BR en date du 12 déc. 1954 et du 18 oct. 1956, nous disions notamment:

« au premier étage sont les cabines de bains. Leurs parois de briques, enduite de plâtre et peintes, sont d’un entretien difficile, d’un aspect lépreux et favorisent le perçage par certains clients de trous de vision.

Nous pensons que le revêtement des murs en carreaux « de faïence changerait complètement l’aspect des cabines, favoriserait leur entretien et supprimerait cet inconvénient.

De plus, les baignoires en tôle émaillée ont perdu dans le fond, une bonne partie de leur émail blanc pour laisser apparaître le métal noirâtre, rouillant continuellement et obligeant les clients à un contact rugueux.

Lors d’une visite, l’adjoint SABLE a constaté cet état de choses.

« nous proposons à l’administration Municipale, de confier au service d’architecture, le soin de chiffrer les dépenses qu’entraineraient la modernisation des cabines de douches et la restauration des cabines de bains avec remplacement des baignoires actuelles.

Dans la 2ème partie de sa lettre, Mme Lamy suggère que des poignée soient placées à l’intérieur des cabines permettant au client de sortir, sans dérangement pour la baigneuse. Cette façon de procéder ne peut recueillir notre approbation car, bien au contraire, dans les établissements construits ailleurs récemment, ou les portent pouvaient s’ouvrir aussi bien de l’intérieur que de l’extérieur, nous avons fait modifier les serrures pour que les clients ne puissent sortir sans avoir recours à la baigneuse. Profitant que cette dernière serait occupée dans une autre cabine, il serait trop facile d’emporter serviettes, porte-manteaux ou de repartir avec le billet d’entrée pour essayer de le faire servir une nouvelle fois. Les vandales sont nombreux et, par un coup d’œil rapide, la préposée vérifie au moment de l’ouverture de la cabine si aucune dépréciation n’a été commise. L’attente, après « le coup de sonnette », n’est jamais bien longue en général, cependant, nous nous devons de signaler qu’en ce qui concerne cet établissement, le client est obligé d’avoir un peu plus de patience qu’ailleurs. Mme Gourrier, préposé aux bains, est atteinte de surdité. Cela a été signalé à l’administration par B.R. En date du 7 mars 1955, à propos d’une réclamation de Mr LEMARIE, ou nous demandions que Mme Gourrier soit convoquée à une visite médicale afin de savoir si elle pouvait continuer à assurer un service à public ou être mutée dans un autre service. Il ne nous semble pas que quelque chose ait été fait à ce sujet.

Mme Lamy se plaint de la chaleur qui existe dans les cabines. Cette question a déjà été étudiée par le service des bâtiments communaux. Des lamelles de verre inclinées ont été mises dans 2 cabines. L’essai ne parrait pas avoir été concluant. En tous cas, rien n’a été fait depuis longtemps à ce sujet

Pour conclure peut être pourrait on signaler à Mme LAMY que « si la ville du Croisic possède un établissement de bains impeccable » il en existe aussi heureusement, à Nantes. L’établissement de la rue Jules Bréchoir situé à une distance de 2 km de son domicile lui permettrait de constater qu’a Nantes aussi, l’hygiène est au 1er plan, même dans les établissements de douches. Cet établissement lui donnerait certainement satisfaction en attendant que les crédits nécessaires soient votés pour la restauration de celui de la Maison Rouge.

Le régisseur

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Réponse de l’administration 1 sept. 1959

L’établissement des bains douches de la Maison Rouge est le plus ancien de la ville, il est vétuste mais néanmoins très fréquenté. Il vient en tête pour le nombre de bains distribués chaque samedi tout au long de l’année:

comme il n’est pas dans les intentions de l’administration de le reconstruire, un minimum de rafraichissement est nécessaire: les baignoires sans émail, les peintures murales à refaire. Même avis que Mr Bonneau: faire connaître à la réclamante nos établissements modernes.

Mr Violin

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21 nov. 1986 – Commission communale de sécurité

Bains douches de la Maison rouge: Visite de réception

Une délégation de la Commission communale de sécurité a procédé, le vendredi 21 nov. 1986, a 14h30, à une visite de réception des locaux des bains douches, allée de la Maison rouge, à Nantes.

Étaient présents: M DENIO, Cap. Au corps des Sapeurs-Pompiers, M.Gay, Adjoint technique de la Commission Communale de sécurité, Mr PEREZ, rédacteur de la Commission communale de sécurité, M Mortureux, Ingénieur subdivisionnaire à la 4ème direction technique, M. Domenger de l’APAVE de l’Ouest.

L’établissement visité est établi sur deux niveaux et comporte les locaux suivants:

  • au 1er étage: une pièce utilisée par le personnel
  • au rez de chaussée: une zone douches comportant 11 cabines et une zone Bains comportant 4 cabines.
  • L’établissement recevra moins de 20 personnes simultanément. Il est donc classé en 5ème catégorie.

Au cours de la visite, les remarques suivantes ont été formulées:

La délégation a émis des réserves sur le dispositif de fermeture des cabines. Dans l’état actuel, la personne est enfermée dans sa cabine et ne peut en sortir que par un signal avertissant le personnel des bains douches. Il a donc été demandé de réaliser un système offrant plus de garanties pour la sécurité du public et permettant également le bon fonctionnement de l’établissement.

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