1914 Observations

31 Mars 1914 Observation sur la marche des Établissements de Bains et Lavoirs municipaux

Note du régisseur

Dans mon rapport concernant l’état des recettes et dépenses pour l’exercice 1913, j’ai succinctement relaté les causes d’augmentation ou diminution des recettes pour les 3 établissements de bains et lavoirs municipaux.

Il y a certains facteurs qu’il faut faire rentrer en ligne de compte pour la marche de l’exploitation de ce service.

La première condition à observer, c’est l’emplacement d’un établissement; il faut qu’il soit le plus possible au centre de la ville, ou tout au moins au centre d’une agglomération.

L’établissement du quai de la Maison Rouge remplit ces conditions, et aussi un établissement de bains rue des Hauts Pavés sera parfaitement situé.

Le mode de balnéation est une autre condition. Le bain douche n’est pas très admis du public. Il est donc nécessaire de prévoir pour les futur établissements de bains des cabines avec baignoires; celle-ci servant à donner le bain médicamenteux.

L’établissement de la rue Dupleix est parfaitement installé; malheureusement la population ouvrière de ce quartier est peu habitué aux soins de propreté et d’hygiène.

L’établissement du quai de la Maison Rouge concernant le lavoir ne donne pas un rendement important; le mode de lavage n’est pas pratique qu’ailleurs. La ménagère est obligée après avoir décrassé son linge, de mettre celui-ci à la bassine, et ne peut le reprendre que le lendemain pour le rincer; c’est une perte de temps pour elle. Cependant il passe annuellement de 20 000 personnes par an au lavoir.

Le lavoir de la rue des Hauts Pavés est parfaitement compris, et un local annexé pour délivrer des bains, donnera toute satisfaction.

Le lavoir de la rue Dupleix est sur un endroit élevé, aussi tout le quartier St Anne, et l’agglomération partant de la Chénaie, la Fournillière, le Fontenay, etc, vient à ce lavoir. Il n’y a jamais assez de places et les laveuses sont obligées d’attendre 2 à 3 heures. La ménagère trouve au lavoir toutes les facilités pour laver son linge, des baquets, eau chaude et eau froide en grande quantité, elle paie 0,15 f la station de 2 heures, l’heure suivante est taxée à 0,10 f. dans les établissements particuliers semblables aux nôtres, la 1ère heure est taxée 0,15 et 0,25. La journée est de 1,30 f et 1,40 f sur les bateaux à laver, la femme paie de 0,30 à 0,50 f la journée, mais elle est obligée de faire chauffer l’eau de sa gargote, et la dépense est sensiblement la même que dans les établissements ci-dessus désignés.

A- L’établissement de la rue Dupleix se trouve être trop petit actuellement; aussi il y aurait intérêt à augmenter le nombre des places au lavoir ou sinon créer dans l’agglomération de la place Zola un lavoir.

B- Si on doit créer un établissement de bains douches, rue Conan-Mériadec, il est de toute utilité de prévoir un emplacement pour un lavoir établi comme ceux des rues Noire et Dupleix, il donnera des recettes et fera vivre l’établissement de bains, la dépense de charbon ne sera pas plus élevée, elle sera récupérée par le lavoir mais non par les bains.

Nantes le 30 mars 1914 Le régisseur des bains lavoirs.

Vu et transmis avec les observations suivantes:

A- l’agrandissement demandé est très désirable. L’augmentation du nombre de places au lavoir de la rue Dupleix ne sera pas un empêchement à la construction d’un établissement aux environ de la place Emile Zola. L’installation d’un lavoir bien agencé dans ce quartier ouvrier et populeux entrainerai peu à peu la disparition des lavoirs établis sur le ruisseau des Renardières qui sont une cause permanente de danger pour la santé publique.

B- C’est évidemment le programme à réaliser pour supprimer l’établissement du quai de la Maison Rouge qui tombe de vétusté et dont l’aménagement laisse tant à désirer. Il serait bon que cette réalisation pût avoir lieu à bref délai.

Nantes, le 2 mai 1914

Le Chef de la 2ème Division

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